16.01.2008
ça bosse dur !
Je m'aperçois qu'il n'y a pas besoin de faire un court-métrage pour parler de son boulot. On s'amuse bien dans les entreprises et ça donne des clips plutôt bien faits et rigolos. Nouvelle tendance? incitation au "team building"?, en tout cas, les salariés ne manquent pas d'imagination :
Rendez-vous chez AOL
Vidéo envoyée par AOLLOVER
Lip Dub @ AOL France, octobre 2007. Des collègues, une grosse stéréo, quelques heures creuses, une chanson qui tape et une caméra : dites adieu aux séminaires avec saut à l’élastique, enregistrez vos lips dubs au bureau. http://www.officelipdub.com/
12:40 Publié dans Clip | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : lipdub, aol, youtube, dailymotion, team building, picards, l'amour à la française
14.01.2008
Ma voisine : Carlotta Lapoisse
L'aventure est en bas de chez soi, dit-on, peut-être quand on ne peut pas s'offrir le luxe de partir à l'autre bout de la planète ou bien quand on aborde la vie avec une pincée d'humour et un brin de fantaisie. Je restais assez sceptique, jusqu'au jour où j'emménageais dans ma nouvelle bourgade, Champigny-sur-Marne, petite commune qui est connue... pour pas grand chose à vrai dire, peut-être pour sa mairie communiste et autres curiosités archéologiques (que les communistes ne prennent pas ombrage si je relègue mes élus locaux à un joli vestige de l'Antiquité, ça reste somme toute assez poétique à mon sens). bref, je découvrais un nouvel environnement qui n'avait rien de particulier à priori si ce n'est de faire plus ample connaissance avec le Portugal.
Au fil des jours qui se ressemblent parfois, je rencontrais ma nouvelle voisine, Carlotta, qui venait justement de Lisbonne et avait ouvert un salon de coiffure. N'ayant pas encore de sonnette (ni de réveil mais c'est encore une autre histoire), elle récupère souvent mes colis et me laisse un petit mot dans la boîte. Colis après colis, nous avons commencé à échanger quelques mots. Carlotta, bien que coiffeuse, est verbalement avare. Je respectais donc cet ascétisme communicatif qui est pourtant bien loin de moi. Peut-être que son travail lui ôtait les mots de la bouche, usure lexicale dûe à un excès de consommation de mots.
Un jour cependant, Carlotta vint frapper à ma porte. Blême, elle me demanda si mes toilettes étaient bouchés. Ce à quoi je répondais fort heureusement par la négative. Je découvrais ainsi à ma grande stupéfaction, que les fosses septiques existent encore. Et non seulement elles existent toujours mais il s'agit du système d'évacuation que nous partagions... dans la cour. Je comprenais alors tout à coup les odeurs pestilentielles qui envahissent parfois les parties communes. J'avais échaffaudé un peu vite une théorie du complot élaborée par mon voisin sourd-muet à la retraite que j'avais soupçonné hâtivement de faire un tri sélectif de déchets hautement toxiques. A ma décharge ou au contraire honte à moi, il se trouve que mon voisin vit reclus, dans le silence cela va sans dire, mais fenêtres fermées grille rouillée, bref c'est une proie facile pour une imagination de villageoise mal informée...
Je connaissais à présent la précarité de notre condition sanitaire et je dois bien l'avouer, j'y voyais encore un signe de l'archaïsme de ma commune. Je n'étais pas loin de la vérité en parlant des autres vestiges de l'Antiquité mais je ne pensais pas les trouver justement en bas de chez moi. Les jours ont passé sans que je ne revois l'ombre de Carlotta, tout au plus je l'entendais faire son travail et faire usage de ses cordes vocales qu'elle mettait ensuite au repos une fois sa journée achevée. Je ne savais pas si ses toilettes allaient mieux, car si les miens n'étaient pas encore touchés, les siens étaient bel et bien bouchés.
Elle revint cependant frapper à ma porte. L'oeil hagard, l'air défait, je l'invitais à boire un thé (la boisson qui requinque) car elle me semblait bien mal en point. Après quelques gorgées d'un Earl Grey corsé, Carlotta reprenait des couleurs et je fus stupéfaite. Ce fut tout à coup un flot, une avalanche de paroles qui se répandirent dans mon petit salon de 15 mètres carré qui n'était pas conçu pour un tel déversement. Dévouée, je me suis donc assise pour l'écouter. Je découvrais ainsi la vraie Carlotta, et je compris assez vite pourquoi elle était aussi sobre et discrète. Elle faisait partie de ces gens à qui l'on dit bêtement qu'ils ont de la chance en amour, tellement ils en manquent dans leur vie de tous les jours. Carlotta avait la guigne, cette poisse gluante qui ne vous quitte plus, une tique qui ne meurt jamais et vous arrache vos forces tout en vous donnant une allure surnaturelle de combattante du desespoir. Car Carlotta est du genre à ne pas se laisser abattre, a-t-elle d'ailleurs encore conscience qu'elle n'a décidemment pas de bol? Les maux qui l'affectent sont rarement graves, mais ils prennent une forme tragi-comique. Il y a toujours ceux en vacances avec qui vous voulez dormir sous la tente parce qu'ils attirent indiciblement tous les moustiques. Carlotta fait peut-être aussi partie de ceux-là, en tout cas si vous avez une chance sur deux pour qu'une tuile vous tombe dessus et que Carlotta est à côté de vous, la chose est réglée. Je n'ai pas une forte croyance en la fatalité mais force était de constater qu'une sorte de force s'échinait à son encontre.
Elle me raconta alors son aventure avec la fosse septique, qui n'était que le début de bien d'autres...
19:30 Publié dans Les folles aventures de Carlotta Lapoisse | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
Pile poil dans l'actualité
Alors que Popcorn est en phase de post-production (bien avancée) et qu'Aurélie a raconté avec succès ses anecdotes de derrière la caisse, voici l'histoire d'une caissière qui a passionné ses lecteurs de blogs avec un sujet similaire :
En l'espace d'un mois, la vie d'Anna a basculé. Il y a peu, elle était encore hôtesse de caisse dans un hypermarché Leclerc à Rennes. On la retrouve désormais sur les plateaux télé, comme chez Laurent Ruquier (France 2) ou face à Samuel Etienne (Canal+). Elle a déjà eu les honneurs de la presse locale et nationale. A 28 ans, elle est débordée mais ne se plaint guère de sa notoriété soudaine.
"C'est curieux à vivre mais ce n'est pas désagréable", indique-t-elle, pas peu fière. Pas tellement d'elle-même, mais de "toutes les caissières". Ces salariées trop souvent dépréciées, dont elle s'est fait la porte-parole et qu'elle défend sur les plateaux télévisés. Son succès s'est forgé sur la Toile où Anna a créé son blog, en avril 2007. Populaire, il totalise aujourd'hui plus de 155 000 connexions. Bien avant sa médiatisation, le site comptait déjà 1 500 lecteurs quotidiens.
"Un peu dépassée" par l'aura de ses écrits, la jeune femme avoue qu'à l'origine, elle percevait les blogs comme des "journaux intimes un peu ennuyeux". Mais elle s'est finalement rendue compte que "c'était le moyen le plus pratique" pour exprimer ses idées. "J'en avais marre du regard des clients qui nous prennent pour des écervelées, marre de ceux qui ne disent jamais "bonjour" ou qui téléphonent sans gêne en passant à la caisse."
REDORER LE BLASON
"Il fallait redorer le blason des caissières", poursuit-elle. C'est désormais chose faite grâce aux chroniques de cette titulaire d'un DEA en littérature devenue hôtesse de caisse il y a huit ans pour financer ses études. Souvent pathétiques pour le genre humain mais "jamais méchantes ou humiliantes", les anecdotes d'Anna se sont nourries de ses derniers mois passés devant le tapis roulant, à raison de vingt-quatre heures par semaine. Elles révèlent les pires travers des consommateurs, au moment où ils passent à la caisse : "L'impatience, l'indifférence, l'égoïsme, le stress..." Toujours sur un ton humoristique et léger. Elle est consciente que les scènes qu'elle rapporte ne reflètent qu'une "infime partie de la vie de ces gens" et ne l'autorisent pas à généraliser sur la société.
Début janvier, Anna a "lâché" son job à l'hypermarché. Elle espère retrouver un travail au contact des livres, dans "une bibliothèque ou une maison d'édition". Pas question pour autant de tourner définitivement la page de son blog. Elle conserve quantité de notes dans son carnet et projette même d'ouvrir les colonnes de son site à d'autres caissières ou caissiers, qui loin de n'enregistrer que des codes-barres, sont autant de regards affûtés sur les millions de clients qui fréquentent chaque jour les supermarchés.
13:50 Publié dans Du côté de chez Ouam | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note


